Micro-onduleur, optimiseur ou onduleur photovoltaïque : quelle technologie choisir ?

Dans la majorité des installations photovoltaïques résidentielles, un onduleur central de qualité constitue souvent la solution la plus performante, la plus fiable et la plus rentable sur le long terme. Les micro-onduleurs peuvent répondre à certaines configurations particulières, mais ils ne compensent pas un mauvais dimensionnement ou des ombrages importants. Lorsqu'une toiture est fortement ombragée, la priorité doit être d'évaluer la faisabilité et la rentabilité du projet avant de choisir la technologie la plus adaptée.

Onduleur ou micro onduleur 2

Introduction

Le choix du système de conversion est l'une des décisions les plus importantes lors d'un projet photovoltaïque. Pourtant, c'est aussi l'un des sujets qui génère le plus de confusion.

Lorsque l'on effectue des recherches sur Internet, il est facile de trouver des informations contradictoires. Certains fabricants et installateurs affirment que les micro-onduleurs permettent systématiquement de produire davantage d'électricité. D'autres expliquent qu'un simple panneau partiellement ombragé peut réduire fortement la production d'une installation équipée d'un onduleur de chaîne. À l'inverse, de nombreux professionnels privilégient les onduleurs centraux pour leur rendement, leur fiabilité et leur simplicité de maintenance.

Alors, qui a raison ?

En réalité, il n'existe pas de technologie universellement meilleure qu'une autre. Chaque solution présente des avantages, des limites et des domaines d'application. Le meilleur choix dépend de nombreux critères : configuration de la toiture, présence d'ombrages, puissance de l'installation, objectifs du projet, budget, mais aussi qualité des équipements et précision du dimensionnement.

Dans ce guide, ELS Énergie Conseil vous propose une analyse indépendante, basée sur l'expérience du terrain. Nous allons comparer les onduleurs de chaîne, les micro-onduleurs et les optimiseurs de puissance afin de vous aider à comprendre leur fonctionnement, leurs avantages, leurs limites et les situations dans lesquelles chaque technologie peut réellement être pertinente.

Alors, qui a raison ?

La réalité est bien plus nuancée.

Il n'existe pas aujourd'hui de technologie universelle capable de répondre parfaitement à toutes les situations.

Le meilleur choix dépend de nombreux critères : la configuration de votre toiture, la présence d'ombrages, votre consommation électrique, votre budget et l'évolution future de votre installation.

Malheureusement, de nombreux particuliers choisissent aujourd'hui leur installation photovoltaïque en se basant uniquement sur des arguments commerciaux ou des idées reçues.

Pourtant, les technologies ont énormément évolué ces dernières années.

Les panneaux photovoltaïques modernes ne fonctionnent plus comme ceux d'il y a vingt ans.

Les onduleurs ont également connu d'importantes évolutions grâce à des algorithmes de recherche du point de puissance maximale (MPPT) beaucoup plus performants.

Dans le même temps, les fabricants de micro-onduleurs et d'optimiseurs ont développé des solutions répondant à des besoins bien spécifiques.

Résultat : il devient difficile pour un particulier de savoir quelle technologie est réellement la plus adaptée à son projet.

L'objectif de ce guide est donc très simple :

vous expliquer de manière claire, sans discours commercial, comment fonctionnent ces différentes technologies et dans quels cas chacune d'elles est réellement pertinente.

Nous nous appuierons également sur des publications techniques indépendantes, notamment les travaux réalisés par l'IEA PVPS (International Energy Agency – Photovoltaic Power Systems Programme), qui réunit des organismes de recherche parmi les plus reconnus dans le domaine du photovoltaïque. Ces travaux analysent notamment les performances des différentes architectures photovoltaïques en présence d'ombrages partiels et permettent de dépasser les arguments purement marketing.

 

Pourquoi existe-t-il plusieurs technologies ?

Avant de comparer les avantages et les limites de chaque solution, il est important de comprendre pourquoi plusieurs technologies coexistent aujourd'hui sur le marché photovoltaïque.

Quel que soit le système choisi, l'objectif reste exactement le même : transformer l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques afin qu'elle puisse être utilisée dans votre habitation ou injectée sur le réseau électrique.

En effet, les panneaux photovoltaïques produisent naturellement un courant continu (DC), alors que les équipements électriques d'un logement fonctionnent en courant alternatif (230 V AC).

Cette conversion est assurée par un équipement appelé onduleur.

Aujourd'hui, trois architectures principales permettent d'effectuer cette conversion :

  • L'onduleur de chaîne (String Inverter) : un seul onduleur convertit l'énergie produite par plusieurs panneaux raccordés en série.
  • Les micro-onduleurs : chaque panneau dispose de son propre onduleur installé directement sous le module.
  • Les optimiseurs de puissance : installés sous chaque panneau, ils optimisent individuellement la production tout en restant associés à un onduleur de chaîne.

Ces trois technologies permettent de produire de l'électricité à partir de l'énergie solaire. En revanche, elles présentent des différences importantes en matière de fonctionnement, de coût d'installation, de maintenance, de fiabilité et de performances selon la configuration de la toiture.

Avant de choisir une solution, il est donc essentiel de comprendre leurs spécificités plutôt que de se limiter aux arguments commerciaux souvent avancés par les fabricants ou les installateurs.

Les trois grandes familles d'installations photovoltaïques

Les 3 architectures d installation photovoltaique

L'onduleur de chaîne

L'onduleur de chaîne est aujourd'hui la technologie la plus utilisée dans le monde, aussi bien pour les installations résidentielles que pour les centrales photovoltaïques de plusieurs mégawatts.

Les panneaux photovoltaïques sont raccordés en série afin de former une ou plusieurs chaînes, appelées strings.

L'électricité produite est ensuite envoyée vers un unique onduleur, chargé de convertir le courant continu (DC) en courant alternatif (AC), utilisable par le logement ou injectable sur le réseau.

Ses principaux avantages

  • Excellent rendement de conversion
  • Une seule électronique principale à maintenir
  • Maintenance simplifiée
  • Coût d'installation généralement plus faible
  • Très bonne compatibilité avec les batteries et les systèmes de gestion d'énergie

Contrairement à une idée encore très répandue, les onduleurs de chaîne modernes n'ont plus grand-chose à voir avec ceux installés il y a vingt ou trente ans.

Les progrès réalisés en matière d'électronique, de suivi MPPT et de gestion des ombrages ont considérablement amélioré leurs performances.

Nous reviendrons sur ce point plus loin dans ce guide.

Les micro-onduleurs

Avec cette architecture, chaque panneau photovoltaïque possède son propre onduleur, installé directement sous le module.

Chaque panneau fonctionne donc de manière indépendante.

Cette technologie est souvent utilisée lorsque la toiture présente :

  • plusieurs orientations ;
  • des inclinaisons différentes ;
  • des ombrages localisés ;
  • des contraintes particulières.

Elle offre également un suivi individuel de la production de chaque panneau.

Cependant, il est important de rappeler qu'un suivi panneau par panneau ou une électronique sous chaque module ne signifie pas automatiquement une production supérieure.

Comme nous le verrons dans ce guide, les performances dépendent avant tout de la configuration réelle de l'installation.

L'onduleur avec optimiseurs de puissance

Les optimiseurs de puissance représentent une solution intermédiaire entre l'onduleur de chaîne et les micro-onduleurs.

Chaque panneau reçoit un petit module électronique chargé d'optimiser individuellement son fonctionnement.

En revanche, la conversion finale du courant continu en courant alternatif est toujours assurée par un onduleur de chaîne.

Cette architecture permet de conserver les principaux avantages d'un onduleur central tout en apportant certaines fonctionnalités supplémentaires lorsque la configuration de la toiture le justifie.

Comme pour les micro-onduleurs, l'intérêt des optimiseurs dépend avant tout du projet. Ils ne constituent pas une solution universelle et doivent être choisis après une étude technique de l'installation.

Pourquoi trouve-t-on autant d'avis différents ?

Lorsque vous demandez plusieurs devis pour une installation photovoltaïque, il n'est pas rare d'obtenir des recommandations différentes.

Certains installateurs préconisent systématiquement les micro-onduleurs, d'autres privilégient les onduleurs de chaîne, tandis que certains orientent leurs clients vers des optimiseurs de puissance.

Cette situation peut sembler déroutante, mais elle s'explique assez simplement.

Chaque fabricant développe ses propres technologies et met naturellement en avant leurs avantages. Les installateurs, de leur côté, travaillent généralement avec une ou plusieurs marques qu'ils connaissent parfaitement et dont ils maîtrisent l'installation, la maintenance et le suivi.

Il est donc normal que chacun présente les points forts des solutions qu'il utilise au quotidien.

Pour autant, cela ne signifie pas qu'une technologie est systématiquement meilleure qu'une autre.

La véritable question n'est donc pas :

« Quelle est la meilleure technologie ? »

Mais plutôt :

« Quelle est la technologie la plus adaptée à mon projet ? »

Le choix dépend notamment de nombreux critères :

  • la configuration de la toiture ;
  • les éventuels ombrages ;
  • le nombre de panneaux ;
  • les possibilités d'évolution de l'installation ;
  • le budget ;
  • la facilité de maintenance ;

le souhait d'ajouter des batteries ou un système de gestion de l'énergie.

Chez ELS Énergie Conseil, nous considérons qu'il n'existe pas de réponse universelle. Une installation performante repose avant tout sur une étude sérieuse, un dimensionnement adapté et le choix d'une solution cohérente avec les besoins du client, plutôt que sur la recherche d'une technologie présentée comme la meilleure dans toutes les situations.

Les idées reçues sont nombreuses…

Lorsque l'on s'intéresse au photovoltaïque, il est très facile de tomber sur des affirmations présentées comme des vérités absolues.

On entend régulièrement :

❌ « Si un panneau est à l'ombre, toute l'installation ne produit plus. »

❌ « Les micro-onduleurs produisent toujours davantage d'électricité. »

❌ « Les optimiseurs de puissance sont indispensables. »

❌ « Les onduleurs de chaîne sont une technologie dépassée. »

❌ « Chaque panneau fonctionne toujours de manière totalement indépendante. »

Ces affirmations sont souvent reprises sur Internet, dans certaines vidéos ou même dans des argumentaires commerciaux.

Pourtant, la réalité est plus nuancée.

Le photovoltaïque a beaucoup évolué au cours des vingt dernières années. Les panneaux intègrent aujourd'hui des diodes bypass, les onduleurs disposent d'algorithmes MPPT particulièrement performants et les différentes technologies ont considérablement progressé.

Il est donc essentiel de replacer chaque affirmation dans son contexte.

Dans les chapitres suivants, nous allons analyser ces idées reçues une à une afin de distinguer ce qui est techniquement fondé, ce qui dépend de la configuration de l'installation et ce qui relève davantage d'un raccourci ou d'un argument commercial.

Un panneau à l'ombre fait-il vraiment chuter toute la production ?

C'est probablement l'affirmation que l'on entend le plus souvent lorsqu'il est question de micro-onduleurs.

Beaucoup de particuliers ont déjà entendu cette phrase :

« Avec un onduleur de chaîne, si un seul panneau est à l'ombre, toute votre installation ne produit presque plus. »

Cette affirmation est largement reprise dans de nombreux argumentaires commerciaux.

Pourtant, elle ne reflète plus le fonctionnement des installations photovoltaïques modernes.

Comme souvent dans le domaine du solaire, la réalité est beaucoup plus nuancée.

Oui, un ombrage réduit toujours la production d'électricité.

En revanche, cela ne signifie pas qu'un seul panneau va bloquer toute la chaîne, comme on le lit encore très souvent sur Internet.

Pour comprendre pourquoi, il faut s'intéresser au fonctionnement des panneaux photovoltaïques actuels.

Les panneaux photovoltaïques modernes ne fonctionnent plus comme il y a vingt ans

Les premiers systèmes photovoltaïques étaient beaucoup plus sensibles aux ombrages.

À cette époque, les technologies disponibles permettaient difficilement de limiter leurs conséquences.

Depuis, les fabricants ont énormément fait évoluer leurs produits.

Aujourd'hui, la quasi-totalité des panneaux photovoltaïques intègrent des diodes bypass.

Ces composants électroniques jouent un rôle essentiel dans le comportement d'une installation lorsqu'une partie d'un panneau est ombragée.

Sans elles, les pertes de production seraient beaucoup plus importantes et le risque d'échauffement localisé (appelé hot spot) serait également plus élevé.

Autrement dit, les diodes bypass ne servent pas uniquement à protéger les panneaux : elles contribuent également à limiter l'impact de certains ombrages.

Comment fonctionnent les diodes bypass ?

Sans entrer dans des explications trop techniques, un panneau photovoltaïque n'est pas constitué d'une seule grande cellule.

Il est composé de nombreuses cellules reliées entre elles.

Ces cellules sont généralement réparties en plusieurs groupes.

Chaque groupe est protégé par une diode bypass.

Lorsqu'une partie du panneau est fortement ombragée, cette diode s'active automatiquement.

Elle permet au courant de contourner la zone concernée au lieu de bloquer complètement la circulation de l'énergie.

Le panneau continue donc à produire de l'électricité, même si sa puissance est réduite.

Cette réduction dépend de l'importance de l'ombrage, de sa position et de sa durée.

Mais dans la majorité des situations, le panneau ne cesse pas totalement de produire, et surtout, il ne bloque pas systématiquement toute la chaîne de panneaux.

À retenir : les diodes bypass limitent les pertes liées aux ombrages partiels, mais elles ne peuvent pas créer de l'énergie. Plus l'ombrage est important, plus la production diminue.

Diode bypass

Alors pourquoi cette idée reçue existe-t-elle encore ?

Parce qu'elle était en partie vraie… autrefois.

Les premiers onduleurs photovoltaïques utilisaient des algorithmes de recherche du point de puissance maximale (MPPT) beaucoup moins performants que ceux disponibles aujourd'hui.

Lorsqu'un panneau était partiellement ombragé, l'onduleur avait parfois des difficultés à trouver le meilleur point de fonctionnement de la chaîne.

La production pouvait alors chuter davantage.

Depuis, les fabricants ont énormément investi dans le développement de nouveaux algorithmes capables d'analyser en permanence le comportement électrique des panneaux.

Ces technologies permettent aujourd'hui d'exploiter beaucoup plus efficacement une installation soumise à des ombrages temporaires ou partiels.

C'est notamment le cas des technologies Dynamic Peak Manager développée par Fronius et OptiTrac Global Peak développée par SMA, que nous détaillerons dans le chapitre suivant.

Un système photovoltaïque installé à l'ombre reste-t-il rentable ?

C'est une question que l'on oublie souvent de se poser.

Beaucoup de comparatifs cherchent à déterminer quelle technologie produit le plus en présence d'ombrages.

Mais la véritable question est plutôt :

Pourquoi installer des panneaux dans une zone fortement ombragée ?

Un micro-onduleur, un optimiseur ou un onduleur de chaîne ne peuvent produire que l'énergie reçue par les panneaux.

Aucune technologie ne peut compenser un manque d'ensoleillement.

Lorsqu'une toiture est durablement masquée par un bâtiment, un arbre ou une cheminée, la priorité doit toujours être de chercher à réduire cet ombrage ou d'étudier une autre implantation.

La meilleure installation photovoltaïque reste avant tout une installation correctement exposée au soleil.

Ce qu'il faut retenir

  • Un ombrage réduit toujours la production.
  • Un panneau moderne ne bloque plus systématiquement toute une chaîne grâce aux diodes bypass.
  • Les onduleurs actuels disposent d'algorithmes MPPT beaucoup plus performants qu'autrefois.
  • Aucune technologie ne peut compenser un manque d'ensoleillement.
  • Le choix entre un onduleur de chaîne, un micro-onduleur ou des optimiseurs dépend toujours de la configuration réelle de la toiture.

Les onduleurs modernes ont profondément changé la gestion des ombrages

Les diodes bypass permettent déjà de limiter les pertes provoquées par un ombrage partiel.

Mais elles ne travaillent pas seules.

Pour exploiter au mieux l'énergie produite par les panneaux, l'onduleur doit en permanence rechercher le meilleur point de fonctionnement de l'installation.

C'est le rôle du MPPT, pour Maximum Power Point Tracker (recherche du point de puissance maximale).

Sans entrer dans des explications trop techniques, il faut comprendre qu'un panneau photovoltaïque ne produit jamais la même puissance.

Sa production évolue en permanence selon :

  • l'ensoleillement ;
  • la température ;
  • les nuages ;
  • l'orientation ;
  • les ombrages.

L'onduleur analyse donc continuellement ces variations afin de récupérer le maximum d'énergie disponible.

Pourquoi les ombrages compliquent-ils le travail de l'onduleur ?

Lorsqu'un ou plusieurs panneaux sont partiellement ombragés, la courbe de puissance de la chaîne n'est plus régulière.

Au lieu d'un seul point de puissance maximale, plusieurs "pics" peuvent apparaître.

On distingue alors :

  • des maximums locaux ;
  • un maximum global, qui correspond à la meilleure production possible.
  • Les anciens onduleurs pouvaient parfois se stabiliser sur un maximum local.
  • L'installation fonctionnait alors correctement… mais pas au meilleur de ses capacités.

C'est précisément ce phénomène qui a conduit certains fabricants à affirmer que les micro-onduleurs étaient systématiquement plus performants.

Depuis, les algorithmes MPPT ont énormément évolué.

Qu'est-ce que le MPPT ?

On compare souvent le MPPT à un régulateur intelligent.

Imaginez que votre installation photovoltaïque soit une voiture roulant sur une route de montagne.

L'objectif est de toujours trouver la vitesse qui permet au moteur de fournir sa puissance maximale.

Si la pente change, il faut adapter la vitesse.

Le MPPT fonctionne exactement de cette manière.

Il recherche en permanence le point où les panneaux produisent le plus d'énergie.

Lorsque les conditions changent, il ajuste automatiquement son fonctionnement.

Sur une toiture parfaitement dégagée, cette recherche est relativement simple.

En présence d'un ombrage partiel, la situation devient beaucoup plus complexe.

Fronius Dynamic Peak Manager : une recherche intelligente du meilleur point de fonctionnement

Pour améliorer les performances des installations soumises à des ombrages partiels, certains fabricants ont développé des algorithmes beaucoup plus évolués.

C'est le cas de Fronius avec sa technologie Dynamic Peak Manager.

Contrairement à un MPPT classique, cette technologie ne se contente pas de rester sur le premier point de puissance trouvé.

Elle analyse régulièrement la courbe de fonctionnement afin de vérifier si un point plus performant existe.

Si un meilleur point est détecté, l'onduleur s'y positionne automatiquement.

Cette recherche est réalisée de manière dynamique, sans interrompre durablement la production.

Résultat :

dans de nombreuses situations d'ombrage temporaire ou partiel, l'installation continue à fonctionner très près de son potentiel maximal, sans qu'il soit nécessaire d'équiper chaque panneau d'une électronique spécifique.

Une évolution souvent méconnue

Beaucoup d'articles présents sur Internet continuent de comparer les micro-onduleurs aux anciens onduleurs de chaîne.

Pourtant, les fabricants comme Fronius ou SMA ont fait évoluer leurs algorithmes depuis plusieurs années.

Comparer un micro-onduleur récent à un onduleur de première génération n'a donc plus beaucoup de sens.

Lorsqu'un devis est étudié, il est important de comparer :

  • les technologies réellement proposées ;
  • les performances de l'onduleur retenu ;
  • les fonctions intégrées ;

et non simplement le principe de fonctionnement.

Les micro-onduleurs produisent-ils réellement plus d'électricité ?

C'est probablement l'argument commercial le plus souvent avancé en faveur des micro-onduleurs.

On entend régulièrement :

« Chaque panneau fonctionne indépendamment. »

« Les micro-onduleurs produisent davantage d'électricité. »

« Vous gagnerez plusieurs centaines de kilowattheures par an. »

Ces affirmations peuvent être vraies dans certaines configurations bien particulières, notamment lorsque l'installation est soumise à des ombrages complexes ou que les panneaux sont répartis sur plusieurs orientations.

En revanche, elles ne racontent pas toute l'histoire.

La production d'une installation photovoltaïque ne dépend pas uniquement de la façon dont chaque panneau est piloté.

Elle dépend également :

  • du rendement des équipements ;
  • de leur dimensionnement ;
  • de la qualité de la conversion électrique ;
  • de leur comportement dans toutes les conditions de fonctionnement ;
  • mais aussi de leur fiabilité et de leur facilité de maintenance pendant plusieurs décennies.

Autrement dit, la véritable question n'est pas de savoir quelle technologie produit quelques watts de plus à un instant donné, mais laquelle offrira les meilleures performances sur toute la durée de vie de l'installation.

Le rendement ne dépend pas uniquement des panneaux

Tous les panneaux photovoltaïques produisent un courant continu.

Pour être utilisé dans votre habitation, ce courant doit être converti en courant alternatif 230 volts.

Cette conversion est assurée par l'onduleur.

C'est une étape essentielle.

Chaque conversion entraîne inévitablement de petites pertes.

L'objectif des fabricants est donc de limiter ces pertes au maximum.

Une différence importante : la tension de conversion

C'est un point rarement expliqué aux particuliers.

Un panneau photovoltaïque moderne délivre généralement une tension comprise entre 30 et 50 volts selon son modèle, la température et son niveau d'ensoleillement.

Un micro-onduleur doit convertir directement cette faible tension en 230 volts alternatifs.

À l'inverse, un onduleur de chaîne reçoit l'énergie d'une série de panneaux raccordés entre eux.

Selon la configuration de l'installation, cette tension atteint généralement 300 à 800 volts continus avant d'être convertie en courant alternatif.

D'un point de vue électronique, ces deux situations sont très différentes.

Transformer directement une faible tension en courant alternatif nécessite un rapport de conversion beaucoup plus important que lorsque l'on dispose déjà d'une tension élevée.

À puissance identique, une tension plus faible implique également un courant plus important.

Or, des courants plus élevés sollicitent davantage les composants électroniques et peuvent générer davantage de pertes lors de la conversion.

Cela ne signifie pas qu'un micro-onduleur est peu performant.

En revanche, cela explique pourquoi la qualité de la conversion constitue un élément important lorsqu'on compare différentes architectures.

Le rendement maximal ne reflète pas toujours les performances réelles

Les fabricants mettent souvent en avant un rendement maximal supérieur à 97 %, 98 % ou même 99 %.

Ces chiffres sont exacts.

Mais ils correspondent à des conditions de fonctionnement très précises.

Dans la réalité, une installation photovoltaïque fonctionne rarement dans ces conditions idéales.

Chaque journée est différente.

Le soleil se lève.

La production augmente progressivement.

Des nuages passent.

La température évolue.

Le soir, la puissance diminue de nouveau.

Une installation passe donc la majeure partie de son temps à fonctionner à charge partielle.

C'est pourquoi des indicateurs comme le rendement européen, qui tiennent compte de plusieurs niveaux de fonctionnement, sont souvent plus représentatifs que le seul rendement maximal annoncé dans une brochure commerciale.

Ce qui compte réellement n'est pas la meilleure performance obtenue pendant quelques minutes, mais la quantité d'énergie réellement produite sur une année… puis sur 25 ou 30 ans.

Quelques watts aujourd'hui… plusieurs centaines de kilowattheures demain

Pris isolément, quelques watts perdus lors des plus belles journées d'été peuvent sembler insignifiants.

Pourtant, une installation photovoltaïque est conçue pour fonctionner pendant plusieurs décennies.

Une légère différence de rendement, répétée jour après jour pendant vingt-cinq ou trente ans, peut représenter une quantité d'énergie loin d'être négligeable.

Cela ne signifie pas qu'une technologie est systématiquement meilleure qu'une autre.

En revanche, cela rappelle qu'il est préférable d'analyser le rendement global d'une installation sur toute sa durée de vie plutôt que de se concentrer sur une seule valeur annoncée dans une documentation commerciale.

La maintenance : un critère souvent oublié

Lorsqu'on compare plusieurs devis photovoltaïques, on parle beaucoup de production.

En revanche, on parle beaucoup moins de maintenance.

Pourtant, une installation photovoltaïque est un équipement destiné à fonctionner pendant 25 à 30 ans.

Pendant cette période, il peut être nécessaire de réaliser :

une intervention de contrôle ;

une mise à jour ;

un diagnostic ;

ou le remplacement d'un équipement.

L'architecture de l'installation peut alors avoir un impact sur la facilité d'intervention.

Une architecture centralisée facilite souvent les interventions

Avec un onduleur de chaîne, la quasi-totalité de l'électronique est regroupée dans un seul appareil, généralement installé dans un garage, un local technique ou un espace facilement accessible.

En cas d'intervention, le technicien travaille généralement au sol.

Le remplacement de l'onduleur ne nécessite pas de déposer les panneaux photovoltaïques.

Les temps d'intervention sont souvent plus courts et les coûts de maintenance peuvent être limités.

Les micro-onduleurs multiplient les équipements électroniques

Une installation de 18 panneaux équipée de micro-onduleurs comporte également 18 convertisseurs électroniques installés sous les panneaux.

Dans la grande majorité des cas, ces équipements fonctionnent pendant de nombreuses années sans incident.

Cependant, lorsqu'un micro-onduleur doit être remplacé, l'intervention est généralement plus complexe.

Selon la configuration de la toiture, il peut être nécessaire :

d'installer un moyen d'accès sécurisé ;

de déposer un ou plusieurs panneaux photovoltaïques ;

de remplacer le micro-onduleur concerné ;

puis de remettre les panneaux en place avant de contrôler le bon fonctionnement de l'installation.

Le coût d'une telle intervention dépend évidemment de la toiture et de l'accessibilité.

C'est pourquoi il est important de ne pas comparer uniquement le prix d'achat des équipements, mais également leur facilité de maintenance sur plusieurs décennies.

Ce qu'il faut retenir

  • Les micro-onduleurs peuvent être très pertinents dans certaines configurations, mais ils ne produisent pas systématiquement plus d'électricité.
  • La conversion de l'énergie à partir d'un seul panneau et celle d'une chaîne de panneaux présentent des contraintes électroniques différentes.
  • Le rendement maximal affiché dans une fiche technique ne reflète pas toujours les performances obtenues sur une année complète.
  • L'écrêtage peut apparaître lorsque la puissance du panneau dépasse la capacité maximale du micro-onduleur.
  • La facilité de maintenance constitue un critère important lorsqu'une installation est conçue pour fonctionner pendant plusieurs décennies.
  • Le meilleur choix repose toujours sur un compromis entre production, rendement, fiabilité, maintenance, évolutivité et coût global.
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